
La Guerre du Petit Robert : Chapitre 2.

A mon cinquième anniversaire, Maman m’emmène pour l’entrée en maternelle. Je suis content d’y aller. En chemin elle m’explique ce qui va se passer. L’école, une grande bâtisse en rouge-orange, occupe toute une rue. C’est l’école de Marville.
A l’entrée il y a beaucoup de monde, et pour l’instant, ça va… Jusqu’à ce que je réalise que ma mère va faire demi-tour sans moi ! Malgré les jeux, et gentillesse des maîtresses, La matinée se passe très mal.
A midi, tous assis dans une grande salle, nous attendons nos parent. Mais lorsque la maitresse à la porte, appelle : « Nicolas Robert! »… »Nicolas Robert! »… » NICOLAS ROBERT!! »… Nicolas Robert ne bouge pas, a décidé qu’il ne bougerait pas, et ma mère autorisée a traverser le Hall, vient me prendre rudement par la main. Elle est très en colère ! Mais l’après-midi, tous se passera bien.
Dans l’école il y a une grande cour carrée avec quelques arbres. Le préau, qui en fait le tour, abrite de grandes armoires dans lesquelles sont rangés pelles, râteaux, brouettes, cerceaux, ballons et petites bicyclettes. La récréation, c’est mon univers! Même si le grand bac a sable est dangereux pour les yeux. Dans le fond de la cour sont installées les classes, et au-dessus, une terrasse grillagée où, quand il fait beau, on apprend toutes sortes de jeux.
Pour Apprendre a compter, la maîtresse distribue à chacun des bûchettes qu’il faut mettre par tas de deux, quatre, dix…Je les trouve très jolis ces petits bâtons de bois! Alors j’aime bien les compter.
A mon sixième anniversaire, j’ai trois grandes raisons d’être fier. Tout d’abord, Maman m’a expliqué qu’à six ans, on est un homme! Ensuite, j’entre à la grand école, et avec Jeannot, ça ne me donne plus envie de pleurer; et enfin – et surtout -, j’y retrouve mon grand frère. Même si ce n’est pas pour longtemps. Il a huit ans de plus que moi et va bientôt passer son certificat d’études primaires. Jeannot, lui, n’a que des sœurs!
Le matin du grand jour, il y a, à nouveau, foule sur le chemin de Marville.
L’école des garçons, ce n’est pas comme la maternelle! Ici, on entre, un par un par un, sous le regard inquisiteur de Mr Lamorlette le directeur, un petit gros aux grosses moustaches noires, portant chapeau melon, costume noir et chemise blanche. On avance vers lui, mains tendues. Il observe les mains, les oreilles, les chaussures : celui qui n’obtient pas trois points à cet examen est recalé; il devra se représenter l’après-midi. Mon frère m’a dit que l’école des garçons est « expérimentale »… La première semaine c’est très bien passée.
Samedi midi, Mme Prévost est venue à la maison. Elle tenait une poupée : un gros baigneur avec des habits. Comme elle avait visiter des amis a Stains, il a été décidé que je l’accompagnerais. Nous somme partis tous les trois; elle, moi et le gros bébé rose en Celluloïd que je portais avec bien du mal. Heureusement, au retour Mme Prévost s’en est chargé et, à mon grand soulagement, il a finit sur son lit au milieu d’un napperon tricoté.
Derrière le chantier de charbon, il y a une petite ruelle où sont stationnées des charrettes à charbon, et un gros tas de sable. C’est notre fief, à Jeannot et moi. Avec le sable nous avons construit une voiture à quatre places. Nous la conduisons chacun notre tour, parcourant toutes les rues de la Mutualité. Avec nos chevaux imaginaires, nous faisons des tournées de charbon ou des voyages. Nous avons du mal à quitter cet endroit, et quand nos parents nous cherchent, c’est tout de suite ici qu’ils viennent.
Au bout de la ruelle, en contrebas est situé notre jardin. Un beau jardin. Mon père y a creusé un puits et construit une jolie cabane avec une tonnelle. En été, lorsqu’il fait trop chaud chez nous, Maman prépare un repas froid et le soir nous mangeons sous la tonnelle. Dans un seau, mon père dépose un litre de vin, une bouteille de limonade, et descend le tout au fond du puits pour garder la boisson au frais. Au jardin j’aime bien cueillir les fraises, mais pas les Haricots verts!

Chapitre 3 : Disponible la semaine Prochaine !
Chapitre : 1 – 2